Atelier Arts Plastiques   Expo Art Contemporain

  

Galerie 96, Paris Petit Orateur de Thierry Martinbiographie

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Une approche artistique singulière

L'originalité du travail de Thierry Martin réside dans sa manière d'utiliser un objet aussi anodin - en apparence - qu'une canette de boisson. Chez lui, pas de détournement de ce produit emblématique de la société de consommation qui chercherait à en accentuer la signification symbolique. On peut regarder longuement les œuvres de Thierry Martin sans s'apercevoir ni comprendre qu'elles sont réalisées à l'aide de ces récipients métalliques. Les canettes représentent d'abord et avant tout son matériau de base et constituent sa palette de couleurs. Par sa manière d'utiliser les coloris préfabriqués, Thierry Martin invente une nouvelle forme d'expression picturale.  

Les couleurs de ces objets industriels offrent des possibilités insoupçonnées. Rehaussées par la luminosité du support métallique, elles sont vives, franches et contrastées. Et les motifs, dessins ou inscriptions qui jalonnent les canettes permettent à Thierry Martin de donner encore plus de subtilité aux nuances de ses tableaux. Paradoxalement, c'est grâce à ce matériau d'aujourd'hui que l'œuvre de Thierry Martin peut s'inscrire dans une filiation naturelle avec la tradition picturale classique. « Quand on regarde les tableaux de la Renaissance, on se rend compte que la couleur est partout. Il y a des mélanges audacieux qui rendent ces œuvres totalement irréelles » commente Thierry Martin.  

Thierry Martin aime aussi le métal. « Ce matériau s'apparente pour moi à du métal précieux, explique-t-il.   Il  possède un tel grain qu'il me fait penser à de la peau dans certaines de mes sculptures. Parfois, c'est à de la terre cuite, de la céramique ou de l'émail qu'il ressemble. C'est un matériau brillant, sensuel, lumineux, véritablement extraordinaire. Ce n'est pas un matériau froid, contrairement à ce qu'on pourrait penser ».  

Le matériau offre une contrainte qui détermine en partie la démarche artistique de l'artiste. En effet, Thierry Martin s'impose de ne pas modifier la couleur des canettes. C'est pourquoi il doit penser entièrement sa composition avant de la commencer. Mais, cette pensée se construit en interaction permanente avec le métal. « La rencontre avec le matériau détermine considérablement mais de manière aléatoire la direction que prendra mon travail. La vue d'une boite nouvelle ou un regard porté différemment sur une canette familière... et une nouvelle pièce est en train de naître dans mon esprit » raconte Thierry Martin.  

Sur la petite planche de bois qui constitue sa « toile », il réalise un croquis léger. Puis il découpe ou déchire les pièces métalliques en lamelles, morceaux ou figures, en gardant à l'esprit l'effet qu'il souhaite produire.  

C'est dans l'assemblage des couleurs, les unes avec les autres, que l'œuvre se construit peu à peu. Les morceaux deviennent les pièces d'un « puzzle »  qu'il ne lui reste plus qu'à rassembler petit à petit,  à l'aide de clous. C'est un travail de longue haleine, où la patience va de pair avec la minutie. Ensuite, Thierry Martin patine légèrement ses compositions pour gommer les aspérités et laisser apparaître subtilement le métal argenté caché sous la couche de vernis.  

S'il apprécie la souplesse de l'aluminium des canettes, primordiale pour son travail, il lui arrive aussi d'utiliser tout autre élément en métal assez malléable pour être découpé, ondulé, plié, torturé, cloué, bref dompté. Un travail qui exige d'ailleurs un engagement physique important. « A la fin d'une journée, je ressens la même fatigue que si j'avais mené un combat, estime Thierry Martin. Cela me procure une grande satisfaction ».  

Pour réaliser les visages de ses personnages, Thierry Martin utilise toutes sortes d'éléments métalliques : des boites de tabac à priser, des capsules de lait ou de vin en étain, des fonds de canettes écrasés. Il lui manque souvent une pièce pour terminer un visage. Malgré un stock de pièces considérable, il prendra alors le temps qu'il faudra pour trouver le chaînon manquant.

Thierry Martin crée également des œuvres en volume, à partir de morceaux de bois trouvés, branches, troncs ou chutes. La forme de la pièce-support est le point de départ de l'œuvre, contrairement au processus de réalisation des compositions à plat.

 Une pensée intime personnifiée

Thierry Martin l'admet, les personnages placés au centre de ses « tableaux-sculptures » le représentent la plupart du temps. Malgré tout, il se garde bien de les considérer comme des autoportraits. Car plus que de lui-même, les personnages sont des incarnations d'états d'âme dans lesquels chacun peut se retrouver. « La grande partie de mes compositions fait référence à des périodes de ma vie et à des moments d'émotion que j'ai vécus. Mais l'histoire importe peu, c'est juste un point de départ pour qu'ensuite,  chacun en fasse la lecture qui lui correspond » explique Thierry Martin. Il suggère, malgré tout, quelques pistes à travers les titres  énigmatiques ou malicieux de ses œuvres.  

Ses personnages, solitaires, semblent en attente. Comme des instantanés photographiques, ils sont figés dans le moment présent.  Laissant derrière eux un passé tumultueux - symbolisé par le paysage en arrière-plan - pour faire face à un avenir en suspens, ils semblent se demander : « Qu'est-ce que je fais là ? Et que dois-je faire ? ». Tétanisés face à ce qui pourrait être un tournant de leur vie, oscillant entre souffrance et espoir, partagés entre foi et culpabilité, ils sont assurément tourmentés.

La mise en mouvement des paysages - par un jeu de formes et de couleurs - qui contraste avec l'immobilisme ressenti des personnages, accentue ce tourment existentiel.

Exposition d'Art Contemporain - Ateliers Arts Plastiques - Atelier Théatre
Fontenay aux Arts, 48 bis rue Dalayrac 94120 Fontenay sous bois Tél. : 06 60 96 13 92

 

 



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